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Blabla
les médias nous mentent blabla dans l'art abstrait
on voit ce qu'on veut blabla Sarah se fait draguer et elle
voit rien alors que Babar l'a mauvaise. Des exemples au
hasard. Les élections de Bore et Gush. Il est élu,
oh et puis non. Déliiiire. Continuez comme ça,
les Ricains. Toi le négro, t'es trop pauvre pour
payer un avocat ? Bienvenue au Texas, on va te griller un
peu sur la chaise, oh et puis non. Le bizness c'est cool,
vive le fric, je suis tellement libéral que je suis
tout seul, oh et puis non, démantelons Microsoft.
Les Irakiens, si je veux je les atomise avec mon missile
qui rentre dans la cheminée, oh et puis non, on a
cramé les gamins mais pas Saddam. Comme c'est bête.
Mais Sarah elle me dit : " La guerre du Golfe, j'étais
trop jeune ". Grmbl. Hé, je suis pas si vieux
que ça, hein. Tu verrais Nanu
De toutes façons,
avec Babar je fais pas le poids, OK, j'ai bien compris.
Alors, quoi ? Parfois on sait mais on veut pas voir. Des
choses horribles, par exemple. Mais l'image a un grand pouvoir,
ce qu'on voit on s'en souvient. Oui, mais on retient pas
tout : tous ces détails dans le bordel de la chambre
de Nev (tu y es entrée mais y avait combien de K7
vidéo de cul ? 600 ou 700 ? Les questions de la perception
chez Husserl), ces images à la télé
qui passent à toute vitesse, c'est l'info spectacle
(Nev aussi c'est un spectacle, j'vais vous dire, mais les
liens de la vitesse et des médias c'est Virilio qui
en parle le mieux), et on peut pas se fier à nos
sens qui font rien qu'à nous tromper (Platon, caverne,
etc.)
Bon alors quoi ? Ben voir c'est savoir, because les sources
de connaissance, on les zyeute grave, et rien de tel que
de rencontrer quelqu'un en personne pour savoir qui c'est,
etc. MAIS. Mais si on n'analyse pas ce qu'on voit, c'est
fugitif, on retient rien, on se fait bluffer, on prend la
guerre du Golfe pour ArabCraft III. Et ça, c'est
mal. Si.
(Minute,
j'me roule une clope.)
Résultat : il y a le monde, naturel et authentique,
que je vois, et il y a la représentation (je ne vois
que ce qu'on me montre). Et la question de voir est / n'est
pas savoir se pose sur ces deux plans.
Bon, Sarah commence à s'endormir. Et la croyance,
hein ? " Heureux celui qui croit sans voir ".
Elle est bien bonne (pas Sarah, la formule
quoique).
Pourtant il est beau le pari de Pascal : puisque je ne peux
pas savoir si Dieu existe, autant y croire, j'ai rien à
perdre et je vis bien peinard. Et si je me suis trompé,
s'il n'y a rien au-delà de la mort, je m'en fous,
je serai même pas déçu, je serai mort,
hé !
Sacré Pascal. Moi, perso, je demande à voir.
Pareil pour la trompe de Babar
Bah, on est foutus, faut qu'on baise.
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